Je mets en ligne ce (long) rapport introductif aux travaux de notre conférence fédérale
Rapport Introductif Conférence Fédérale
Nous arrivons à la fin d’un long processus, d’un long débat qui a débuté au lendemain de l’élection présidentielle. Cette élection qui a vu notre candidate recueillir le plus bas score de
l’histoire de notre parti. Lors de notre dernier congrès, nous avions décidé d’expérimenter une nouvelle forme de rassemblement. Celle-ci devait nous permettre de prolonger le rassemblement des
forces du non de gauche réalisé lors du débat sur le TCE. Nous avons travaillé à rendre ce rassemblement populaire en participant à la création de collectifs antilibéraux locaux. Mais l’adhésion
à cette ambition, l’implication populaire dans la construction de ce rassemblement a été insuffisante et a laissé aux seules forces politiques la gestion de ce rassemblement. Malgré une capacité
à se mettre d’accord sur un socle commun de propositions, ce rassemblement s’est brisé sur l’écueil de la désignation du candidat à la présidentielle. Cette question de forme recoupait en réalité
des différences de fond plus importantes.
Différence de fond sur l’objectif poursuivi entre ceux qui voulaient juste peser un peu plus à gauche et ceux qui voulaient s’adresser à toute la gauche en disputant l’hégémonie au
social-libéralisme, différence de fond quant au devenir de ce rassemblement entre ceux qui y voyaient l’embryon d’une nouvelle force politique et ceux qui le considéraient comme une addition de
forces avec le respect de l’identité de chacun, faisant des différences un atout ; différence de fond quant à la conception démocratique qui devait présider à ce rassemblement entre ceux qui
respectaient les règles définies collectivement et ceux qui s’en affranchissaient.
Devant l’impossibilité de poursuivre ce rassemblement dans ses formes, les communistes ont pris leurs responsabilités et ont décidé de présenter Marie-George Buffet comme candidate d’un
rassemblement intitulé « gauche populaire et antilibérale » permettant à des non-communistes d’être partie prenante dans cette campagne.
Les communistes, dans tout le pays, n’ont pas ménagé leurs efforts pour diffuser et porter les propositions de notre candidate. Nous n’avons pas été en reste sur ce département où nous avons
réussi un très beau meeting avec Marie-George Buffet à la maison du peuple devant 1200 personnes. Nous avons mené une campagne militante, courageuse pris dans un étau médiatique sans précédent
qui n’a laissé que les 2 candidats du second tour apparaître sur le devant de la scène. Absence de débats contradictoires entre les candidats, flots de sondages sur le 2° tour avant que le 1er
n’ait lieu, manipulation médiatique à grande échelle, cette campagne présidentielle a favorisé la bipolarisation de la vie politique française nous rejetant aux marges de celle-ci. L’irruption
orchestrée de Bayrou en 3° homme n’a rien changé sur le fond ; elle a juste permis un brouillage de cartes et de repères, notamment à gauche.
A l’occasion de cette élection, on a voulu transformer l’électeur en stratège politique. Il ne devait pas, il ne pouvait pas voter en fonction de ses convictions mais plutôt en fonction de qui
serait présent au second tour, le vote pour des candidats ou candidates ne pouvant prétendre au second tour étant considérés comme inutile. Ce faisant, on l’a dépouillé de ses attributs de
citoyen libre et responsable, de son droit le plus inaliénable : celui de choisir son avenir et non pas celui d’éliminer tel ou tel candidat comme dans un jeu de télé-réalité. Cette
campagne a également été marquée par une pipolisation extrême entretenu de façon conjointe par les 2 principaux candidats qui en ont fait l’un et l’autre des arguments de campagne.
Cette élection a réussi à mobiliser très largement l’électorat, plus de 80% de participation au 1er tour mais a peut-être été une des élections nationales les plus irrationnelles et les moins
politisés.
Les résultats sont connus. La gauche réalise son plus mauvais score depuis 1969 avec moins de 40% des voix. Et nous, malgré toute l’énergie déployée dans cette campagne, nous n’arrivons à réunir
qu’1,93% des suffrages.
C’est le plus mauvais résultat de notre parti enregistré à une élection nationale. Il vient après celui de 2002 qui nous avait déjà placés sous la barre des 5% à une élection présidentielle. Ce
résultat pose alors la question de l’utilité de notre parti et sa pertinence dans le paysage politique. Devant la gravité de la situation, le Conseil National a décidé de convoquer un Congrès
extraordinaire en 2007, étape préparatoire à notre congrès ordinaire de cette année.
Car même si les élections législatives ont redressé la barre du navire, notre résultat ne nous a pas permis d’avoir suffisamment de députés communistes pour constituer un groupe autonome. A ce
propos, je tiens à remercier nos candidates et candidats qui ont, avec beaucoup de courage et d’abnégation, porté les couleurs de notre Parti durant cette élection et bien évidemment féliciter
André Chassaigne pour sa brillante réélection.
Cette élection présidentielle a donc été remporté par Nicolas Sarkozy et les législatives, dans la logique de l’inversion du calendrier électoral et dans le cadre d’un régime de plus en plus
présidentiel, ont donné une majorité au nouveau président.
Nouveau président, nouveau style tout droit importé des Etats-Unis avec jogging entouré de caméras, hystérie médiatique et un côté m’a-tu-vu dégradant pour la plus haute fonction de l’Etat. Mais
c’est aussi un nouveau style sur le fond avec une droite qui s’assume, une droite décomplexée, une droite qui s’est entièrement donnée au libéralisme. Sarkozy a, dès le début de son mandat, donné
le ton. Diner au Fouquet’s, séjour sur le yacht de Bolloré, vacances aux Etats-Unis, le président de la République a adressé un message très clair : malgré une campagne sur le pouvoir d’achat de
« ceux qui se lèvent tôt », c’est une politique au service du capital qui sera mise en œuvre.
Et pour faire une telle politique, il faut continuer l’œuvre de démolition sociale entamé déjà depuis quelques années. L’ancien vice-président du Medef Denis Kessler l’avouait d’ailleurs très
tranquillement dans un éditorial du magazine Challenges, le 4 octobre 2007 : Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. (…) Il est grand temps de le
réformer, et le gouvernement s’y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées,
d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…
A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans
exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !
C’est à cet objectif que s’est attelé le gouvernement Fillon avec les franchises médicales, le service minimum dans les transports, la liquidation des régimes spéciaux tout en distribuant des
cadeaux à ses amis du patronat avec le paquet fiscal, la privatisation d’EDF-GDF, l’autonomie des Universités et toutes les mesures contenues dans le rapport Attali devenu le rapport Attila.
L’offensive est globale, notamment contre les services publics avec la RGPP, la révision générale des politiques publiques.
Sous prétexte de modernisation des politiques publiques, il s’agit d’un immense plan de restriction et de rationnement des services publics, de leurs moyens et surtout de leurs personnels. La
RGPP, c’est d’abord une purge contre l’emploi : 35 000 emplois de fonctionnaires en moins en 2009, 105 000 sur les trois prochaines années.
Toutes les politiques publiques sont touchées : à commencer par l’éducation nationale avec 11.000 postes cette année et 20.000 prévus en 2009. Dans l’administration fiscale, ce sont plus de 50%
des effectifs qui seront supprimés à terme alors que les moyens manquent déjà, notamment pour réduire la fraude fiscale et sociale.
Loin de permettre la modernisation des services publics, cette réforme organise leur impuissance et prépare de nouveaux transferts vers le privé dans des domaines comme l’éducation, la santé, la
culture.
Partout, ce ne sont que restrictions, coupes sombres : 20 tribunaux de grande instance et 200 tribunaux d’instance sont supprimés, des hôpitaux et des maternités menacées de fermetures par
dizaines, suppression d’un centre départemental de Météo France sur deux d’ici 2011... Pour notre département, ce sont la maternité d’Ambert, des services de chirurgie et des tribunaux à
Riom, Issoire et Ambert qui sont touchés.
C’est profondément un choix idéologique : celui du libéralisme contre l’efficacité économique et sociale à laquelle contribuent activement les services publics.
C’est profondément un choix de classe : celui du capital financier contre ce patrimoine commun que sont les services publics.
Et c’est surtout le pari perdu d’avance d’un Etat-manchot, sans capacité d’intervention et de contrôle. C’est le pari perdu d’avance d’un Etat paralysé au moment même où les ravages des
politiques de déréglementation financière et de retrait de l’Etat de la sphère économique sautent aux yeux.
Notre résultat à l’élection présidentielle nous a donc conduits à proposer une construction inédite de notre congrès avec tout d’abord un Congrès extraordinaire qui deviendra une Assemblée
Extraordinaire et un congrès ordinaire.
Après l’échec de notre stratégie de rassemblement au moment des présidentielles, il était nécessaire, vital de repenser notre projet et notre organisation pour retrouver une audience plus en
adéquation avec nos ambitions. La discussion ouverte dès la fin des élections législatives a donné lieu à un intense débat d’idées. C’est plus de 90 communistes qui assistaient à notre Assemblée
Départemental le 28 juin 2007. Les discussions montraient alors la lucidité des communistes sur l’état de leur Parti et en même temps une volonté de ne pas en rester là, une volonté de sortir de
cette situation catastrophique pour la gauche et pour la France. Jusqu’au mois de décembre, les discussions se sont poursuivies, mettant toutes les options dans le débat. Il y a tout juste un an,
nous tenions notre Assemblée Extraordinaire dans cette même salle. Elle fut l’occasion de faire le point des discussions, des questions, des exigences et des attentes des communistes de notre
Fédération.
Malgré des différences d’approche quelques fois importantes, nous avons su, dans notre fédération, pratiquer un débat respectueux, fraternel et constructif. Je le dis avec d’autant plus de fierté
que l’exemple n’est pas forcément venu de la direction national dans ce domaine.
Lors de notre Assemblée Extraordinaire, comme dans beaucoup d’autres réunions, il y a eu une quasi-unanimité pour déplorer le manque de formation. Dans un monde de plus en plus complexe, de plus
de plus interconnecté et de plus en plus libéral, nous avons nécessairement besoin de comprendre ce monde pour pouvoir le transformer. Avoir des outils pour analyser la société, approfondir les
propositions que nous défendons, s’en emparer pour, à son tour, en faire la promotion, voilà à quoi peut et doit servir la formation. Etre mieux armé dans le combat politique est une source de
confiance en soi et d’efficacité. Mais la formation peut aussi porter sur des questions plus larges permettant de nous réinterroger sans cesse sur nos conceptions des mots et des choses. Elle
peut également porter sur notre militantisme, sur l’organisation politique et sur son animation. Faire le constat que la formation est une nécessité ne produit pas automatiquement l’organisation
humaine et matériel pour s’en occuper. Lors de cette Assemblée Départemental Extraordinaire, la direction fédérale avait pris l’engagement de travailler sur cette question. C’est pourquoi je vous
propose aujourd’hui que nous fassions de la formation une priorité de notre Fédération. Bien entendu, il faudra constituer une équipe de camarades disponibles pour organiser au plus près des
attentes des adhérents cette formation et il faudra aussi, si nous décidons d’en faire une priorité, que toutes les structures du parti s’en emparent.
La jeunesse en fait toujours partie. C’est une réussite depuis maintenant de nombreuses années avec une Jeunesse Communiste, active, qui se renouvelle et qui est de tous les combats. Elle est
pourtant handicapée par une maladie typique de la jeunesse : la nécessité pour elles et eux d’aller poursuivre leurs études ailleurs ou d’aller chercher du travail hors de notre département. Les
exemples ne manquent pas de jeunes camarades obligés de s’exiler et notamment les 1ers responsables de l’organisation. Et pourtant, malgré ce turn over important, nous avons toujours une JC aussi
dynamique et aussi visible dans le paysage politique. Pour preuve, mercredi dernier, ils ont été un élément moteur d’un débat sur la crise financière coorganisé avec d’autres forces politiques de
jeunesse. Elément moteur en termes d’organisation mais aussi en tant que force de propositions.
C’est un véritable atout que nous avons là avec ces jeunes camarades. Continuer à aider la JC à se développer, bien accueillir les jeunes qui adhérent au Parti, les accompagner dans leur prise de
responsabilité, voilà quelques aspects sur lesquels nous devrons être particulièrement vigilants. Vous avez vu qu’un certain nombre d’entre eux sont proposés pour intégrer la direction
départementale. Nous avons besoin de leur dynamisme, de leur ténacité, de leur originalité.
En retour, ceux-ci ont besoin de l’aide, du conseil des plus anciens. Ils ont besoin de communistes qui les appuient, de communistes indulgents et compréhensifs. Car ce n’est pas simple, ni
facile que de prendre une responsabilité de dirigeants dans un parti comme le nôtre ; un parti chargé d’Histoire, un parti qui a l’ambition de changer le monde. Cela donne plus de poids aux
responsabilités.
D’une façon générale, nous avons besoin dans des périodes difficiles comme celle que nous vivons aujourd’hui de nous serrer les coudes, de privilégier le dialogue, le débat, de resserrer les
liens qui nous unissent. C’est pour cela que nous devons être plus attentifs à notre organisation. Nous pourrions en faire une priorité fédérale avec l’ambition de renforcer le Parti et de
redonner une vie démocratique et active à toutes nos sections. C’est Lénine qui disait : « pour faire un parti révolutionnaire, il faut I de l’organisation, II de l’organisation, III de
l’organisation. »
Une autre des priorités que nous avions fixées lors de notre dernière conférence départementale, c’était de construire ou de reconstruire une activité communiste à l’entreprise. Nous n’avons pas
encore pu aboutir à la création d’un véritable secteur entreprise, il nous faut donc poursuivre le travail commencé. L’activité communiste à l’entreprise est essentielle pour nous car c’est là
que se joue le cœur de l’affrontement capital/travail. Le monde du travail est l’un des principaux leviers de transformation de la société car il lie les questions du changement, de la
transformation sociale avec la lutte de classes. Il y a besoin de refaire de la politique au sein des entreprises, de réinvestir les entreprises, de ne pas les laisser en dehors du débat
politique et surtout de redonner une conscience de classe à toutes celles et ceux qui subissent peut-être le plus durement la loi du profit. Il y a besoin d’être aux côtés des salariés en lutte,
notamment dans la période de crise qui s’ouvre. C’est ce qu’ont fait les militants et élus de Riom. La manufacture des tabacs (SEITA) a fusionné avec le groupe espagnol TABACERA pour créer
ALTADIS qui vient d’être revendu à un groupe anglo-saxon IMPERIAL TOBACCO. Ce sont les financiers qui ont pillé une entreprise française florissante, en supprimant la moitié des emplois en
France et 179 à RIOM. L’objectif est de délocaliser la production en Pologne, en Espagne et aux Pays Bas.
Dès le début les élus communistes ont apporté leur soutien aux salariés, rencontrer l’intersyndical et participé à toutes les manifestations, y compris à Paris le 22 octobre. Notre journal
Regards sur l’Auvergne a rendu compte de toutes ces actions, en particulier la manif de 500 personnes à RIOM en septembre.
L’action a permis de sauvegarder une production minimum et 14 emplois. Mais diviser reste le mot d’ordre patronal pour faire passer les mauvais coups de la délocalisation, des suppressions
d’emplois, du pillage financier des entreprises par les actionnaires. Les élus comptent poursuivre la lutte pour exiger, comme le prévoit la loi et le « plan de sauvegarde de l’emploi » établit
avec les syndicats, que les financiers prennent des mesures de revitalisation économique sur le territoire de RIOM COMMUNAUTE. C’est en étant aux côtés des salariés en lutte, porteurs de
propositions alternatives locale et globale que nous montrerons l’utilité de notre parti et la pertinence de nos propositions. Cette présence aux côtés des salariés va être de plus en plus
nécessaire avec la crise économique mondiale.
Cette crise est née, vous le savez, de la crise des trop fameux subprimes ; ces crédits hypothécaires accordés aux Etats-Unis à des ménages modestes sans considération de leur capacité à
rembourser. Tant que le secteur immobilier progressait, tout s’est bien passé, le crédit étant garanti par la valeur du logement. Tout cela a explosé quand les prix immobiliers, qui avaient
énormément augmenté, se sont retournés et que les taux d’intérêt ont été relevés. L’éclatement de la bulle immobilière a jeté des centaines de milliers de familles à la rue et a provoqué par
cascade une crise du système financier international. N’oublions pas que ce sont ces mêmes crédit hypothécaire que nous vantait, le 14 septembre 2006, celui qui n’était encore que candidat à la
présidentielle, Nicolas Sarkozy.
Mais la raison de fond qui a déclenché cette crise sans précédent, c’est la modération salariale entretenue au profit de la spéculation financière. Pour augmenter le pouvoir d’achat des
américains, le gouvernement a poussé les ménages à s’endetter. Résultat : la dette des ménages a explosé de 580 milliards en 2000 à 1250 milliards de dollars en 2005.
L’étincelle est donc partie des Etats-Unis. Mais le feu s’est rapidement propagé au monde entier, tant le terrain avait été rendu sec par des années de fuite en avant dans la spéculation
financière. Ces subprimes ont été transformées en titres financiers échangeables en bourse et ont ainsi pu être disséminé sur toutes les places financières de la planète. Quand le marché s’est
retourné, les banques toutes contaminées, ont refusé de se prêter les unes aux autres, entraînant les faillites d’établissements bancaires renommés aux Etats-Unis. La panique s’est alors répandue
comme une traînée de poudre. Pour maintenir le système, les Banque Centrales, notamment la FED et la BCE, ont injecté des centaines de milliards de dollars qui ont servi, pour une part, à
alimenter la spéculation et à développer cette crise. Cela a permis de sauver la mise des spéculateurs qui, s’étant brûlés les ailes sur l’immobilier, ont joué sur d’autres marchés rendus
spéculatifs par une demande supérieure à l’offre : le pétrole, les matières premières, l’alimentation…
Pour la France, c’est 360 milliards de dollars trouvés alors même que l’on nous disait quelques mois plus tôt que les caisses étaient vides pour les salariés. « Ceux qui se lèvent tôt »
aujourd’hui travaillent plus, gagnent moins mais participent à sauvegarder la richesse du capital et des spéculateurs. Ce sont encore les salariés qui doivent éponger les dettes de la finance. Ce
sont eux aussi qui vont subir de plein fouet les conséquences économiques de la crise, transformant celle-ci en crise sociale. Cela a déjà démarré et la hausse continue du chômage ces derniers
mois est malheureusement une musique qui risque de durer encore de nombreux mois. Selon les statistiques officielles, nous venons de dépasser les 2 millions de chômeurs, une situation inédite
depuis 1993 et les prévisions sont des plus pessimistes pour l’année prochaine.
Notre proposition de sécurité d’emploi et de formation n’a jamais été autant d’actualité tout comme nos propositions concernant la réforme du crédit et la création d’un pôle financier public.
Assurer à chacun un emploi ou une formation tout au long de la vie avec une sécurité de revenus n’est pas qu’une réponse à la crise sociale qui s’annonce, c’est aussi la solution pour commencer à
dépasser la cadre contraignant du salariat. Et nos propositions sur les financements sont aussi plus pertinentes que jamais.
Elles ont, elles aussi, vocation à aller au-delà de la crise actuelle pour montrer qu’un dépassement de ce système est plus que jamais nécessaire et possible. Car nous ne sommes pas en
présence d’une « simple » crise financière mais bien plutôt en face d’une étape nouvelle de la crise systémique du capitalisme.
Je vous propose d’ailleurs que notre Conférence Départementale lance un appel à nos concitoyens donnant notre analyse de la crise et développant nos propositions pour en sortir et dépasser le
capitalisme. Vous avez la proposition de texte dans la pochette.
Cette situation nous confère une responsabilité particulière, notamment quand on voit ce qui se passe à gauche.
Le PS n’est toujours pas sorti de son échec à la présidentielle, je pense même qu’il n’est toujours pas sorti de celui de 2002. La participation de certaines de ses figures les plus en vues au
gouvernement de Fillon, la faible opposition dont il a fait part, je pense notamment à la remise en cause des régimes spéciaux, son alignement sur le gouvernement concernant les mesures
économiques pour faire face à la crise, n’ont pas contribué à redonner du crédit à la gauche.
Pourtant, c’est vers elle que se sont tournés les électeurs au moment des élections municipales et cantonales pour faire barrage à la droite. A cette occasion, nous avons pu mesurer une certaine
stabilité de notre implantation locale et pour notre département conquérir une mairie de 10 000 habitants dans l’agglomération clermontoise. Je voudrais, comme je l’ai fait tout à l’heure,
remercier tous les candidats présentés ou soutenus par le PCF qui ont permis à notre Parti de rester la 3° force politique en nombre d’élus.
L’actualité récente du PS a montré cependant que son élasticité idéologique, si elle permettait de réunir beaucoup de monde, leur posait quand même problème. Sortir d’un congrès sans ligne
directrice, avec des divisions aussi grandes est la pire des choses pour une organisation politique.
Je ne reviendrai pas sur l’épisode complètement ubuesque de la désignation du premier secrétaire du Parti Socialiste mais il est l’effet pervers de la présidentialisation de ce parti. Il nous
faut prendre le temps de bien analyser la séquence politique qui vient de se terminer au Parti Socialiste. Le parcours de Ségolène Royal dans la préparation de ce congrès, non pas en tant que
personne mais pour ce qu’elle représente politiquement au sein de la gauche, est symbolique d’une dérive qui touche de plus en plus profondément le Parti Socialiste.
Cette dérive a d’ailleurs conduit le sénateur Jean-Luc Mélenchon et le député Marc Dolez a quitté le PS et a fondé un nouveau Parti.
De son côté, la LCR est toute entière centrée sur elle-même, construisant ce nouveau parti anticapitaliste en opposition avec tout ce qui existe à gauche ne comptant que sur le charisme de son
leader pour attirer à elle de nouveaux adhérents.
Je le disais tout à l’heure cette situation nous donne une responsabilité particulière et notre congrès devra se montrer à la hauteur de la situation.
Les communistes ont choisi leur base commune de discussion lors du vote des 29 et 30 novembre. Je rappelle les résultats nationaux :
Sur 134 000 adhérents dont 78779 inscrits (c.-à-d. cotisants) :
39692 votants, soit 50,38% de participation.
Blancs et nuls : 3659 voix (9,22%)
Exprimés 36033 voix (90,78 %)
Texte : Base commune adoptée par le CN « Vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien » : 21946 voix (60,91%) ;
Texte alternatif 1 : « Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme » : 5419 voix (15,04%) ;
Texte alternatif 2 : « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps » : 8659 voix (24,03%).
Pour notre fédération :
605 inscrits (cotisants)
273 votants soit 45 % de participation ;
Blancs et nuls : 36 voix (13,18 %)
Exprimés : 237 voix (86,81%)
Texte : Base commune adoptée par le CN « Vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien » : 137 voix (57,8%);
Texte alternatif 1 : « Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme » : 56 voix (23,62%) ;
Texte alternatif 2 : « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps » : 44 voix (18,56%).
C’est ce texte que nous améliorerons demain en l’amendant. Mais la crise est venue bousculer ce texte écrit durant l’été. Un certain nombre de camarades ont jugé qu’il fallait faire un effort
pour actualiser notre base commune de discussion. C’est un souci partagé par la Direction. Un Conseil National s’est réuni la semaine dernière avec 3 discussions à l’ordre du jour :
- La crise avec l’idée de montrer que celle-ci résulte de choix politiques, que le système n’est pas pervertie, que c’est le résultat d’une logique, que
c’est une crise inscrite dans la réalité même des structures capitalistes et appelant en conséquence à des réformes radicales en rupture avec les ressorts du système.
- La question du rassemblement qui ne peut être abordé sans prendre en compte l’évolution récente du Parti Socialiste, avec l’idée que les types, les formes,
les modalités des rassemblements à construire sont fonction de la nature des objectifs qu’ils visent et qu’il nous faut construire des cadres de débat, de travail et d’actions entre partis de
gauche, forces sociales, militants et citoyens.
- Enfin, la question du PCF et de sa profonde transformation avec plusieurs constats et plusieurs propositions. En préalable, l’accent a été mis sur le
besoin d’une orientation politique claire et que c’est en fonction de celle-ci que doivent s’opérer les transformations dans le Parti. La question essentielle a été : comment permettre à notre
organisation de franchir une nouvelle étape dans sa vie démocratique ? La question du pouvoir, de notre rapport à lui, de sa délégation dans le Parti et en dehors a été soulevé.
Je ne développe pas plus ces questions d’une part parce que le compte rendu du CN était dans l’Huma et d’autre part parce que je pense que ces thèmes seront au cœur de nos discussions
d’aujourd’hui.
Un texte d’orientation n’est pas qu’un texte de référence, il est aussi la mise sur le papier d’une ambition politique, d’une volonté stratégique. Nous aurons rapidement l’occasion de le mettre
en œuvre puisque les élections européennes sont dans moins de 7 mois. D’ores et déjà, la direction nationale a proposé un cadre d’action en appelant tous ceux qui partagent notre volonté de
réorienter la construction européenne à la création d’un front progressiste européen pour les élections. Vous le savez, le Parti de Gauche, le parti fondé par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez dès
leur sortie du PS, a déjà annoncé qu’il répondait à notre appel. Ces élections vont donc nous permettre d’expérimenter concrètement une démarche au cœur de notre base commune de discussion si
celle-ci est validée par les communistes : ce cœur, c’est notre volonté de faire des citoyens des acteurs convaincus du changement. Je cite : « nous voulons mettre la démocratie, l’intervention
et la participation active des citoyens au cœur de la construction du changement ».
Voilà les éléments que je souhaitais apporter dans le débat, pardonnez-moi d’avoir été long mais il me semblait important de redonner la chronologie des événements depuis notre dernier congrès,
l’actualité de la crise ainsi que les différents sujets que je vous propose d’inscrire comme une priorité pour notre fédération.


Quel
triste spectacle que donne le Parti Socialiste...
Le groupe communiste de Clermont-Ferrand se félicite de la décision de la municipalité clermontoise de ne pas mettre en place le Service Minimum d’Accueil
dans les écoles. Celui-ci ne vise qu’à affaiblir le mouvement social et diviser le personnel de l’Education Nationale et les parents d’élèves. De plus, il est techniquement impossible
d’assurer la sécurité des enfants dans les conditions prévues par la loi. Plutôt que de décider de telles mesures démagogiques, le gouvernement doit entendre et répondre aux revendications des
personnels de l’Education Nationale. Ceux-ci manifestent pour dénoncer la politique éducative du gouvernement, notamment les suppressions de postes, réclamer le maintien des postes de Rased
(postes des maîtres des Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté) et exiger un véritable dialogue social. Ils ont le soutien des élus communistes de Clermont-Ferrand qui appellent la
population à venir manifester jeudi 20 novembre à 10 h 00, avenue de la République.
La victoire de Barack Obama est historique. Les Etats-Unis, après avoir pratiqué l’esclavage, et la ségrégation, ont élu un président noir. Même si les
problèmes inter-ethniques ne sont pas réglés pour autant, on peut espérer qu’un président afro-américain dans le fauteuil de la maison blanche améliorera la condition des noirs américains faisant
souvent partie des classes sociales les plus défavorisées. Nous pouvons également espérer que ce nouveau président ne sera pas comme son prédécesseur un religieux illuminé convaincu de mener une
guerre sainte et donc que les Etats-Unis adopteront une autre politique internationale. Afghanistan, Irak, Iran, Corée du Nord…, la liste est longue des pays qui sont en butte à une diplomatie
américaine arrogante et belliciste.
Mais si cet événement est historique, il faut savoir raison garder et analyser à
froid les propositions du candidat Obama. Par exemple, si celui-ci a annoncé qu’il retirerait les troupes américaines d’Irak en 16 mois et que ce retrait commencerait dès sa prise de fonction, il
s’est également prononcé pour que Jérusalem soit la capitale indivisible d’Israël, ne permettant pas une sortie pacifique et rapide du conflit israëlo-palestinien. Il s’est aussi prononcé pour la
peine de mort et pour le port d’armes. Restant dans les clous d’un libéralisme bon teint, Obama diverge peu sur les questions économiques de son rival républicain. Sachant qu’Obama est le
candidat à l’élection présidentielle qui a dépensé le plus d’argent pour sa campagne (605 millions de dollars), on ne peut qu’être inquiet de ses rapports avec les milieux d’affaires et des
non-évolutions que cela va engendrer sur la politique économique des Etats-Unis, notamment dans la situation de crise financière et économique internationale que nous connaissons.
Quand ceux d'en bas ne veulent plus être gouvernés comme avant, quand ceux d'en haut ne veulent plus
gouverner comme avant, alors s'ouvre une époque de révolution sociale.
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