Mardi 2 décembre 2008

Je mets en ligne ce (long) rapport introductif aux travaux de notre conférence fédérale




Rapport Introductif Conférence Fédérale

Nous arrivons à la fin d’un long processus, d’un long débat qui a débuté au lendemain de l’élection présidentielle. Cette élection qui a vu notre candidate recueillir le plus bas score de l’histoire de notre parti. Lors de notre dernier congrès, nous avions décidé d’expérimenter une nouvelle forme de rassemblement. Celle-ci devait nous permettre de prolonger le rassemblement des forces du non de gauche réalisé lors du débat sur le TCE. Nous avons travaillé à rendre ce rassemblement populaire en participant à la création de collectifs antilibéraux locaux. Mais l’adhésion à cette ambition, l’implication populaire dans la construction de ce rassemblement a été insuffisante et a laissé aux seules forces politiques la gestion de ce rassemblement. Malgré une capacité à se mettre d’accord sur un socle commun de propositions, ce rassemblement s’est brisé sur l’écueil de la désignation du candidat à la présidentielle. Cette question de forme recoupait en réalité des différences de fond plus importantes.

Différence de fond sur l’objectif poursuivi entre ceux qui voulaient juste peser un peu plus à gauche et ceux qui voulaient s’adresser à toute la gauche en disputant l’hégémonie au social-libéralisme, différence de fond quant au devenir de ce rassemblement entre ceux qui y voyaient l’embryon d’une nouvelle force politique et ceux qui le considéraient comme une addition de forces avec le respect de l’identité de chacun, faisant des différences un atout ; différence de fond quant à la conception démocratique qui devait présider à ce rassemblement entre ceux qui respectaient les règles définies collectivement et ceux qui s’en affranchissaient.
Devant l’impossibilité de poursuivre ce rassemblement dans ses formes, les communistes ont pris leurs responsabilités et ont décidé de présenter Marie-George Buffet comme candidate d’un rassemblement intitulé « gauche populaire et antilibérale » permettant à des non-communistes d’être partie prenante dans cette campagne.

Les communistes, dans tout le pays, n’ont pas ménagé leurs efforts pour diffuser et porter les propositions de notre candidate. Nous n’avons pas été en reste sur ce département où nous avons réussi un très beau meeting avec Marie-George Buffet à la maison du peuple devant 1200 personnes. Nous avons mené une campagne militante, courageuse pris dans un étau médiatique sans précédent qui n’a laissé que les 2 candidats du second tour apparaître sur le devant de la scène. Absence de débats contradictoires entre les candidats, flots de sondages sur le 2° tour avant que le 1er n’ait lieu, manipulation médiatique à grande échelle, cette campagne présidentielle a favorisé la bipolarisation de la vie politique française nous rejetant aux marges de celle-ci. L’irruption orchestrée de Bayrou en 3° homme n’a rien changé sur le fond ; elle a juste permis un brouillage de cartes et de repères, notamment à gauche.

A l’occasion de cette élection, on a voulu transformer l’électeur en stratège politique. Il ne devait pas, il ne pouvait pas voter en fonction de ses convictions mais plutôt en fonction de qui serait présent au second tour, le vote pour des candidats ou candidates ne pouvant prétendre au second tour étant considérés comme inutile. Ce faisant, on l’a dépouillé de ses attributs de citoyen libre et responsable, de son droit le plus inaliénable : celui de choisir son avenir et non  pas celui d’éliminer tel ou tel candidat comme dans un jeu de télé-réalité. Cette campagne a également été marquée par une pipolisation extrême entretenu de façon conjointe par les 2 principaux candidats qui en ont fait l’un et l’autre des arguments de campagne.
Cette élection a réussi à mobiliser très largement l’électorat, plus de 80% de participation au 1er tour mais a peut-être été une des élections nationales les plus irrationnelles et les moins politisés.

Les résultats sont connus. La gauche réalise son plus mauvais score depuis 1969 avec moins de 40% des voix. Et nous, malgré toute l’énergie déployée dans cette campagne, nous n’arrivons à réunir qu’1,93% des suffrages.
C’est le plus mauvais résultat de notre parti enregistré à une élection nationale. Il vient après celui de 2002 qui nous avait déjà placés sous la barre des 5% à une élection présidentielle. Ce résultat pose alors la question de l’utilité de notre parti et sa pertinence dans le paysage politique. Devant la gravité de la situation, le Conseil National a décidé de convoquer un Congrès extraordinaire en 2007, étape préparatoire à notre congrès ordinaire de cette année.
Car même si les élections législatives ont redressé la barre du navire, notre résultat ne nous a pas permis d’avoir suffisamment de députés communistes pour constituer un groupe autonome. A ce propos, je tiens à remercier nos candidates et candidats qui ont, avec beaucoup de courage et d’abnégation, porté les couleurs de notre Parti durant cette élection et bien évidemment féliciter André Chassaigne pour sa brillante réélection.

Cette élection présidentielle a donc été remporté par Nicolas Sarkozy et les législatives, dans la logique de l’inversion du calendrier électoral et dans le cadre d’un régime de plus en plus présidentiel, ont donné une majorité au nouveau président.
Nouveau président, nouveau style tout droit importé des Etats-Unis avec jogging entouré de caméras, hystérie médiatique et un côté m’a-tu-vu dégradant pour la plus haute fonction de l’Etat. Mais c’est aussi un nouveau style sur le fond avec une droite qui s’assume, une droite décomplexée, une droite qui s’est entièrement donnée au libéralisme. Sarkozy a, dès le début de son mandat, donné le ton. Diner au Fouquet’s, séjour sur le yacht de Bolloré, vacances aux Etats-Unis, le président de la République a adressé un message très clair : malgré une campagne sur le pouvoir d’achat de « ceux qui se lèvent tôt », c’est une  politique au service du capital qui sera mise en œuvre.
Et pour faire une telle politique, il faut continuer l’œuvre de démolition sociale entamé déjà depuis quelques années. L’ancien vice-président du Medef Denis Kessler l’avouait d’ailleurs très tranquillement dans un éditorial du magazine Challenges, le 4 octobre 2007 : Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. (…) Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…
A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

C’est à cet objectif que s’est attelé le gouvernement Fillon avec les franchises médicales, le service minimum dans les transports, la liquidation des régimes spéciaux tout en distribuant des cadeaux à ses amis du patronat avec le paquet fiscal, la privatisation d’EDF-GDF, l’autonomie des Universités et toutes les mesures contenues dans le rapport Attali devenu le rapport Attila.
L’offensive est globale, notamment contre les services publics avec la RGPP, la révision générale des politiques publiques.
Sous prétexte de modernisation des politiques publiques, il s’agit d’un immense plan de restriction et de rationnement des services publics, de leurs moyens et surtout de leurs personnels. La RGPP, c’est d’abord une purge contre l’emploi : 35 000 emplois de fonctionnaires en moins en 2009, 105 000 sur les trois prochaines années.
Toutes les politiques publiques sont touchées : à commencer par l’éducation nationale avec 11.000 postes cette année et 20.000 prévus en 2009. Dans l’administration fiscale, ce sont plus de 50% des effectifs qui seront supprimés à terme alors que les moyens manquent déjà, notamment pour réduire la fraude fiscale et sociale.
Loin de permettre la modernisation des services publics, cette réforme organise leur impuissance et prépare de nouveaux transferts vers le privé dans des domaines comme l’éducation, la santé, la culture.
Partout, ce ne sont que restrictions, coupes sombres : 20 tribunaux de grande instance et 200 tribunaux d’instance sont supprimés, des hôpitaux et des maternités menacées de fermetures par dizaines, suppression d’un centre départemental de Météo France sur deux d’ici 2011...  Pour notre département, ce sont la maternité d’Ambert, des services de chirurgie et des tribunaux à Riom, Issoire et Ambert qui sont touchés.
C’est profondément un choix idéologique : celui du libéralisme contre l’efficacité économique et sociale à laquelle contribuent activement les services publics.
C’est profondément un choix de classe : celui du capital financier contre ce patrimoine commun que sont les services publics.
Et c’est surtout le pari perdu d’avance d’un Etat-manchot, sans capacité d’intervention et de contrôle. C’est le pari perdu d’avance d’un Etat paralysé au moment même où les ravages des politiques de déréglementation financière et de retrait de l’Etat de la sphère économique sautent aux yeux.

Notre résultat à l’élection présidentielle nous a donc conduits à proposer une construction inédite de notre congrès avec tout d’abord un Congrès extraordinaire qui deviendra une Assemblée Extraordinaire et un congrès ordinaire.
Après l’échec de notre stratégie de rassemblement au moment des présidentielles, il était nécessaire, vital de repenser notre projet et notre organisation pour retrouver une audience plus en adéquation avec nos ambitions. La discussion ouverte dès la fin des élections législatives a donné lieu à un intense débat d’idées. C’est plus de 90 communistes qui assistaient à notre Assemblée Départemental le 28 juin 2007. Les discussions montraient alors la lucidité des communistes sur l’état de leur Parti et en même temps une volonté de ne pas en rester là, une volonté de sortir de cette situation catastrophique pour la gauche et pour la France. Jusqu’au mois de décembre, les discussions se sont poursuivies, mettant toutes les options dans le débat. Il y a tout juste un an, nous tenions notre Assemblée Extraordinaire dans cette même salle. Elle fut l’occasion de faire le point des discussions, des questions, des exigences et des attentes des communistes de notre Fédération.
Malgré des différences d’approche quelques fois importantes, nous avons su, dans notre fédération, pratiquer un débat respectueux, fraternel et constructif. Je le dis avec d’autant plus de fierté que l’exemple n’est pas forcément venu de la direction national dans ce domaine.

Lors de notre Assemblée Extraordinaire, comme dans beaucoup d’autres réunions, il y a eu une quasi-unanimité pour déplorer le manque de formation. Dans un monde de plus en plus complexe, de plus de plus interconnecté et de plus en plus libéral, nous avons nécessairement besoin de comprendre ce monde pour pouvoir le transformer. Avoir des outils pour analyser la société, approfondir les propositions que nous défendons, s’en emparer pour, à son tour, en faire la promotion, voilà à quoi peut et doit servir la formation. Etre mieux armé dans le combat politique est une source de confiance en soi et d’efficacité. Mais la formation peut aussi porter sur des questions plus larges permettant de nous réinterroger sans cesse sur nos conceptions des mots et des choses. Elle peut également porter sur notre militantisme, sur l’organisation politique et sur son animation. Faire le constat que la formation est une nécessité ne produit pas automatiquement l’organisation humaine et matériel pour s’en occuper. Lors de cette Assemblée Départemental Extraordinaire, la direction fédérale avait pris l’engagement de travailler sur cette question. C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui que nous fassions de la formation une priorité de notre Fédération. Bien entendu, il faudra constituer une équipe de camarades disponibles pour organiser au plus près des attentes des adhérents cette formation et il faudra aussi, si nous décidons d’en faire une priorité, que toutes les structures du parti s’en emparent.

La jeunesse en fait toujours partie. C’est une réussite depuis maintenant de nombreuses années avec une Jeunesse Communiste, active, qui se renouvelle et qui est de tous les combats. Elle est pourtant handicapée par une maladie typique de la jeunesse : la nécessité pour elles et eux d’aller poursuivre leurs études ailleurs ou d’aller chercher du travail hors de notre département. Les exemples ne manquent pas de jeunes camarades obligés de s’exiler et notamment les 1ers responsables de l’organisation. Et pourtant, malgré ce turn over important, nous avons toujours une JC aussi dynamique et aussi visible dans le paysage politique. Pour preuve, mercredi dernier, ils ont été un élément moteur d’un débat sur la crise financière coorganisé avec d’autres forces politiques de jeunesse. Elément moteur en termes d’organisation mais aussi en tant que force de propositions.
C’est un véritable atout que nous avons là avec ces jeunes camarades. Continuer à aider la JC à se développer, bien accueillir les jeunes qui adhérent au Parti, les accompagner dans leur prise de responsabilité, voilà quelques aspects sur lesquels nous devrons être particulièrement vigilants. Vous avez vu qu’un certain nombre d’entre eux sont proposés pour intégrer la direction départementale. Nous avons besoin de leur dynamisme, de leur ténacité, de leur originalité.
En retour, ceux-ci ont besoin de l’aide, du conseil des plus anciens. Ils ont besoin de communistes qui les appuient, de communistes indulgents et compréhensifs. Car ce n’est pas simple, ni facile que de prendre une responsabilité de dirigeants dans un parti comme le nôtre ; un parti chargé d’Histoire, un parti qui a l’ambition de changer le monde. Cela donne plus de poids aux responsabilités.
D’une façon générale, nous avons besoin dans des périodes difficiles comme celle que nous vivons aujourd’hui de nous serrer les coudes, de privilégier le dialogue, le débat, de resserrer les liens qui nous unissent. C’est pour cela que nous devons être plus attentifs à notre organisation. Nous pourrions en faire une priorité fédérale avec l’ambition de renforcer le Parti et de redonner une vie démocratique et active à toutes nos sections. C’est Lénine qui disait : « pour faire un parti révolutionnaire, il faut I de l’organisation, II de l’organisation, III de l’organisation. »

Une autre des priorités que nous avions fixées lors de notre dernière conférence départementale, c’était de construire ou de reconstruire une activité communiste à l’entreprise. Nous n’avons pas encore pu aboutir à la création d’un véritable secteur entreprise, il nous faut donc poursuivre le travail commencé. L’activité communiste à l’entreprise est essentielle pour nous car c’est là que se joue le cœur de l’affrontement capital/travail. Le monde du travail est l’un des principaux leviers de transformation de la société car il lie les questions du changement, de la transformation sociale avec la lutte de classes. Il y a besoin de refaire de la politique au sein des entreprises, de réinvestir les entreprises, de ne pas les laisser en dehors du débat politique et surtout de redonner une conscience de classe à toutes celles et ceux qui subissent peut-être le plus durement la loi du profit. Il y a besoin d’être aux côtés des salariés en lutte, notamment dans la période de crise qui s’ouvre. C’est ce qu’ont fait les militants et élus de Riom. La manufacture des tabacs (SEITA) a fusionné avec le groupe espagnol TABACERA pour créer ALTADIS qui vient d’être revendu à un groupe anglo-saxon IMPERIAL TOBACCO. Ce sont les financiers qui ont pillé une entreprise française florissante, en supprimant la moitié des emplois en France  et 179 à RIOM. L’objectif est de délocaliser la production en Pologne, en Espagne et aux Pays Bas.
Dès le début les élus communistes ont apporté leur soutien aux salariés, rencontrer l’intersyndical et participé à toutes les manifestations, y compris à Paris le 22 octobre. Notre journal Regards sur l’Auvergne a rendu compte de toutes ces actions, en particulier la manif de 500 personnes à RIOM en septembre.
L’action a permis de sauvegarder une production minimum et 14 emplois. Mais diviser reste le mot d’ordre patronal pour faire passer les mauvais coups de la délocalisation, des suppressions d’emplois, du pillage financier des entreprises par les actionnaires. Les élus comptent poursuivre la lutte pour exiger, comme le prévoit la loi et le « plan de sauvegarde de l’emploi » établit avec les syndicats, que les financiers prennent des mesures de revitalisation économique sur le territoire de RIOM COMMUNAUTE. C’est en étant aux côtés des salariés en lutte, porteurs de propositions alternatives locale et globale que nous montrerons l’utilité de notre parti et la pertinence de nos propositions. Cette présence aux côtés des salariés va être de plus en plus nécessaire avec la crise économique mondiale.

Cette crise est née, vous le savez, de la crise des trop fameux subprimes ; ces crédits hypothécaires accordés aux Etats-Unis à des ménages modestes sans considération de leur capacité à rembourser. Tant que le secteur immobilier progressait, tout s’est bien passé, le crédit étant garanti par la valeur du logement. Tout cela a explosé quand les prix immobiliers, qui avaient énormément augmenté, se sont retournés et que les taux d’intérêt ont été relevés. L’éclatement de la bulle immobilière a jeté des centaines de milliers de familles à la rue et a provoqué par cascade une crise du système financier international. N’oublions pas que ce sont ces mêmes crédit hypothécaire que nous vantait, le 14 septembre 2006, celui qui n’était encore que candidat à la présidentielle, Nicolas Sarkozy.
Mais la raison de fond qui a déclenché cette crise sans précédent, c’est la modération salariale entretenue au profit de la spéculation financière. Pour augmenter le pouvoir d’achat des américains, le gouvernement a poussé les ménages à s’endetter. Résultat : la dette des ménages a explosé de 580 milliards en 2000 à 1250 milliards de dollars en 2005.
L’étincelle est donc partie des Etats-Unis. Mais le feu s’est rapidement propagé au monde entier, tant le terrain avait été rendu sec par des années de fuite en avant dans la spéculation financière. Ces subprimes ont été transformées en titres financiers échangeables en bourse et ont ainsi pu être disséminé sur toutes les places financières de la planète. Quand le marché s’est retourné, les banques toutes contaminées, ont refusé de se prêter les unes aux autres, entraînant les faillites d’établissements bancaires renommés aux Etats-Unis. La panique s’est alors répandue comme une traînée de poudre. Pour maintenir le système, les Banque Centrales, notamment la FED et la BCE, ont injecté des centaines de milliards de dollars qui ont servi, pour une part, à alimenter la spéculation et à développer cette crise. Cela a permis de sauver la mise des spéculateurs qui, s’étant brûlés les ailes sur l’immobilier, ont joué sur d’autres marchés rendus spéculatifs par une demande supérieure à l’offre : le pétrole, les matières premières, l’alimentation…

Pour la France, c’est 360 milliards de dollars trouvés alors même que l’on nous disait quelques mois plus tôt que les caisses étaient vides pour les salariés. « Ceux qui se lèvent tôt » aujourd’hui travaillent plus, gagnent moins mais participent à sauvegarder la richesse du capital et des spéculateurs. Ce sont encore les salariés qui doivent éponger les dettes de la finance. Ce sont eux aussi qui vont subir de plein fouet les conséquences économiques de la crise, transformant celle-ci en crise sociale. Cela a déjà démarré et la hausse continue du chômage ces derniers mois est malheureusement une musique qui risque de durer encore de nombreux mois. Selon les statistiques officielles, nous venons de dépasser les 2 millions de chômeurs, une situation inédite depuis 1993 et les prévisions sont des plus pessimistes pour l’année prochaine.

Notre proposition de sécurité d’emploi et de formation n’a jamais été autant d’actualité tout comme nos propositions concernant la réforme du crédit et la création d’un pôle financier public. Assurer à chacun un emploi ou une formation tout au long de la vie avec une sécurité de revenus n’est pas qu’une réponse à la crise sociale qui s’annonce, c’est aussi la solution pour commencer à dépasser la cadre contraignant du salariat. Et nos propositions sur les financements sont aussi plus pertinentes que jamais.
 Elles ont, elles aussi, vocation à aller au-delà de la crise actuelle pour montrer qu’un dépassement de ce système est plus que jamais nécessaire et possible. Car nous ne sommes pas en présence d’une « simple » crise financière mais bien plutôt en face d’une étape nouvelle de la crise systémique du capitalisme.
Je vous propose d’ailleurs que notre Conférence Départementale lance un appel à nos concitoyens donnant notre analyse de la crise et développant nos propositions pour en sortir et dépasser le capitalisme. Vous avez la proposition de texte dans la pochette.

Cette situation nous confère une responsabilité particulière, notamment quand on voit ce qui se passe à gauche.
Le PS n’est toujours pas sorti de son échec à la présidentielle, je pense même qu’il n’est toujours pas sorti de celui de 2002. La participation de certaines de ses figures les plus en vues au gouvernement de Fillon, la faible opposition dont il a  fait part, je pense notamment à la remise en cause des régimes spéciaux, son alignement sur le gouvernement concernant les mesures économiques pour faire face à la crise, n’ont pas contribué à redonner du crédit à la gauche.
Pourtant, c’est vers elle que se sont tournés les électeurs au moment des élections municipales et cantonales pour faire barrage à la droite. A cette occasion, nous avons pu mesurer une certaine stabilité de notre implantation locale et pour notre département conquérir une mairie de 10 000 habitants dans l’agglomération clermontoise. Je voudrais, comme je l’ai fait tout à l’heure, remercier tous les candidats présentés ou soutenus par le PCF qui ont permis à notre Parti de rester la 3° force politique en nombre d’élus.
L’actualité récente du PS a montré cependant que son élasticité idéologique, si elle permettait de réunir beaucoup de monde, leur posait quand même problème. Sortir d’un congrès sans ligne directrice, avec des divisions aussi grandes est la pire des choses pour une organisation politique.
Je ne reviendrai pas sur l’épisode complètement ubuesque de la désignation du premier secrétaire du Parti Socialiste mais il est l’effet pervers de la présidentialisation de ce parti. Il nous faut prendre le temps de bien analyser la séquence politique qui vient de se terminer au Parti Socialiste. Le parcours de Ségolène Royal dans la préparation de ce congrès, non pas en tant que personne mais pour ce qu’elle représente politiquement au sein de la gauche, est symbolique d’une dérive qui touche de plus en plus profondément le Parti Socialiste.
Cette dérive a d’ailleurs conduit le sénateur Jean-Luc Mélenchon et le député Marc Dolez  a quitté le PS et a fondé un nouveau Parti.
De son côté, la LCR est toute entière centrée sur elle-même, construisant ce nouveau parti anticapitaliste en opposition avec tout ce qui existe à gauche ne comptant que sur le charisme de son leader pour attirer à elle de nouveaux adhérents.

Je le disais tout à l’heure cette situation nous donne une responsabilité particulière et notre congrès devra se montrer à la hauteur de la situation.
Les communistes ont choisi leur base commune de discussion lors du vote des 29 et 30 novembre. Je rappelle les résultats nationaux :

Sur 134 000 adhérents dont 78779 inscrits (c.-à-d. cotisants) :
39692 votants, soit 50,38% de participation.
Blancs et nuls : 3659 voix (9,22%)
Exprimés 36033 voix (90,78 %)
Texte : Base commune adoptée par le CN « Vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien » : 21946 voix (60,91%) ;
Texte alternatif 1 : « Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme » : 5419 voix (15,04%) ;
Texte alternatif 2 : « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps » : 8659 voix (24,03%).
Pour notre fédération :
605 inscrits (cotisants)
273 votants soit 45 % de participation ;
Blancs et nuls : 36 voix (13,18 %)
Exprimés : 237 voix (86,81%)
Texte : Base commune adoptée par le CN « Vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien » : 137 voix (57,8%);
Texte alternatif 1 : « Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme » : 56 voix (23,62%) ;
Texte alternatif 2 : « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps » : 44 voix (18,56%).

C’est ce texte que nous améliorerons demain en l’amendant. Mais la crise est venue bousculer ce texte écrit durant l’été. Un certain nombre de camarades ont jugé qu’il fallait faire un effort pour actualiser notre base commune de discussion. C’est un souci partagé par la Direction. Un Conseil National s’est réuni la semaine dernière avec 3 discussions à l’ordre du jour :

        - La crise avec l’idée de montrer que celle-ci résulte de choix politiques, que le système n’est pas pervertie, que c’est le résultat d’une logique, que c’est une crise inscrite dans la réalité même des structures capitalistes et appelant en conséquence à des réformes radicales en rupture avec les ressorts du système.

        - La question du rassemblement qui ne peut être abordé sans prendre en compte l’évolution récente du Parti Socialiste, avec l’idée que les types, les formes, les modalités des rassemblements à construire sont fonction de la nature des objectifs qu’ils visent et qu’il nous faut construire des cadres de débat, de travail et d’actions entre partis de gauche, forces sociales, militants et citoyens.

        - Enfin, la question du PCF et de sa profonde transformation avec plusieurs constats et plusieurs propositions. En préalable, l’accent a été mis sur le besoin d’une orientation politique claire et que c’est en fonction de celle-ci que doivent s’opérer les transformations dans le Parti. La question essentielle a été : comment permettre à notre organisation de franchir une nouvelle étape dans sa vie démocratique ? La question du pouvoir, de notre rapport à lui, de sa délégation dans le Parti et en dehors a été soulevé.
Je ne développe pas plus ces questions d’une part parce que le compte rendu du CN était dans l’Huma et d’autre part parce que je pense que ces thèmes seront au cœur de nos discussions d’aujourd’hui.

Un texte d’orientation n’est pas qu’un texte de référence, il est aussi la mise sur le papier d’une ambition politique, d’une volonté stratégique. Nous aurons rapidement l’occasion de le mettre en œuvre puisque les élections européennes  sont dans moins de 7 mois. D’ores et déjà, la direction nationale a proposé un cadre d’action en appelant tous ceux qui partagent notre volonté de réorienter la construction européenne à la création d’un front progressiste européen pour les élections. Vous le savez, le Parti de Gauche, le parti fondé par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez dès leur sortie du PS, a déjà annoncé qu’il répondait à notre appel. Ces élections vont donc nous permettre d’expérimenter concrètement une démarche au cœur de notre base commune de discussion si celle-ci est validée par les communistes : ce cœur, c’est notre volonté de faire des citoyens des acteurs convaincus du changement. Je cite : « nous voulons mettre la démocratie, l’intervention et la participation active des citoyens au cœur de la construction du changement ».
Voilà les éléments que je souhaitais apporter dans le débat, pardonnez-moi d’avoir été long mais il me semblait important de redonner la chronologie des événements depuis notre dernier congrès, l’actualité de la crise ainsi que les différents sujets que je vous propose d’inscrire comme une priorité pour notre fédération.

par cyril publié dans : Débat à gauche
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Lundi 1 décembre 2008

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Parti Unique de la Majorité

par cyril publié dans : Sarko
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Jeudi 27 novembre 2008

Dimanche, 23 Novembre 2008


Lorsque la cacophonie s'accorde pour traîner dans la boue une poignée de jeunes emmurés, il est très difficile de trouver le ton juste qui fasse cesser le vacarme ; laisser place à plus de vérité.

Certains médias se sont empressés d'accréditer la thèse affirmée par la ministre de l'intérieur dans sa conférence de presse, alors que les perquisitions étaient en cours : les personnes arrêtées étaient d'emblée condamnées.


Personne n'aura pu rater l'épisode de "police-réalité" que nous avons tous subi la semaine passée. L'angoisse, la peur, les pleurs nous ont submergés et continuent à le faire. Mais ce qui nous a le plus blessés, le plus anéantis, ce sont les marées de mensonges déversées. Aujourd'hui ce sont nos enfants, demain ce pourraient être les vôtres.

Abasourdis, nous le sommes encore, paralysés nous ne le sommes plus. Les quelques évidences qui suivent tentent de rétablir la vérité et de faire taire la vindicte.


Les interpellés ont à l'évidence bénéficié d'un traitement spécial, enfermés pendant 96 heures, cela devait faire d'eux des personnes hors normes. La police les suspecte d'être trop organisés, de vouloir localement subvenir à leurs besoins élémentaires, d'avoir dans un village repris une épicerie qui fermait, d'avoir cultivé des terres abandonnées, d'avoir organisé le ravitaillement en nourriture des personnes agées des alentours. Nos enfants ont été qualifiés de radicaux. Radical, dans le dictionnaire, signifie prendre le problème à la racine. A Tarnac, ils plantaient des carottes sans chef ni leader. Ils pensent que la vie, l'intelligence et les décisions sont plus joyeuses lorsqu'elles sont collectives.


Nous sommes bien obligés de dire à Michelle Alliot Marie que si la simple lecture du livre "L'insurrection qui vient" du Comité Invisible fait d'une personne un terroriste, à force d'en parler elle risque de bientôt avoir à en dénombrer des milliers sur son territoire. Ce livre, pour qui prend le temps de le lire, n'est pas un "bréviaire terroriste", mais un essai politique qui tente d'ouvrir de nouvelles perspectives.


Aujourd'hui, des financiers responsables de la plus grosse crise économique mondiale de ces 80 dernières années gardent leur liberté de mouvement, ne manquant pas de plonger dans la misère des millions de personnes, alors que nos enfants, eux, uniquement soupçonnés d'avoir débranchés quelques trains, sont enfermés et encourent jusqu' à 20 ans de prison.


L'opération policière la plus impressionante n'aura pas été de braquer cagoulé un nourrisson de neuf mois en plein sommeil mais plutôt de parvenir à faire croire que la volonté de changer un monde si parfait ne pouvait émaner que de la tête de détraqués mentaux, assassins en puissance.


Lorsque les portes claquent, nous avons peur que ce soient les cagoules qui surgissent. Lorsque les portent s'ouvrent, nous rêvons de voir nos enfants revenir.


Que devient la présomption d'innocence?

Nous demandons qu'ils soient libérés durant le temps de l'enquête et que soient evidemment abandonnée toute qualification de terrorisme.





PS: Nous tenons à saluer et à remercier les habitants de Tarnac qui préfèrent croire ce qu'ils vivent que ce qu'ils voient à la télé.


Soutien aux inculpés du 11 novembre : ici.

par cyril publié dans : Actu
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Mardi 25 novembre 2008

Je copie-colle cet article.


Google n’aide pas le PCF à sortir de la crise

par Erwan Cario

tags : politique , blog , google , censure

Accueil du site sortirdelacrise.tv, hébergé par Google - DR

Une fois l’adresse entrée, la page ne ressemble pas vraiment à ce qui était prévu. « Ce blog est actuellement en cours d’évaluation en raison d’éventuelles violations des Conditions d’utilisation de Blogger. » Pourtant, on ne voulait pas accéder à un site de partage de mp3 ou à une page sulfureuse. On voulait juste voir à quoi ressemblait www.sortirdelacrise.tv, un blog humoristique lancé par le Parti Communiste Français qui parodie les positions de l’UMP (qui devient le PUM pour l’occasion).

Un clic plus tard, sur le bouton « Traiter », et on y accède. Mais on sent bien que cette page d’avertissement n’est pas du goût des créateurs du site. « Mais pourquoi donc ?, s’interrogent-ils. Pour le moment mystère. Nous attendons d’en savoir plus avant de prendre d’autres dispositions pour héberger les vidéos de cette indispensable campagne du PUM. » Frank Mouly, en charge du blog, raconte : « On a essayé de contacter Google, mais c’est très dur. Les gens à Paris sont principalement des commerciaux qui ne peuvent rien faire. On a donc dû se contenter de la procédure automatique de Blogger qui consiste à appuyer sur un bouton pour signaler qu’on existe. Mais depuis vendredi, aucune nouvelle, et on ne sait toujours pas ce qu’on nous reproche. » Effectivement, on voit mal ce site violer une des règles d’utilisation de Blogger, propriété de Google. Même si, souvent, les voies du géant de Mountain View sont impénétrables.

En effet, cette « affaire » n’est pas sans rappeler une autre qui a eu lieu début juillet aux Etats-Unis. Plusieurs blogs hébergés sur Blogger, qui s’opposaient à la candidature de Barack Obama pour le parti démocrate, s’était alors vus interdits de mise à jour (lire l’article). Ils étaient suspectés par la plateforme d’hébergement d’être de vulgaires blogs de spam. Pour les blogs ainsi traités, il s’agissait d’une manœuvre des partisans d’Obama (il est possible de signaler les blogs suspects en cliquant sur un bouton) pour les réduire au silence. La blogueuse Carissa Snedeker de Blue Lyon avait alors regretté la politique « coupable jusqu’à preuve d’innocence » suivie par Blogger. Ce qui l’avait conduit à changer d’hébergeur.

En attendant une éventuelle réponse de Google, qu’il espère rapide, Frank Mouly prend son mal en patience : « Ca nous a quand même un peu déconcerté. C’est une campagne humoristique qui n’est pas trop dans nos habitudes. Et on était plutôt contents de nous. »

par cyril publié dans : Actu
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Lundi 24 novembre 2008

Quand on pense que 20 régions sur 22  sont gérées par des présidents socialistes, qu'ils sont à la tête d'une mutitude de municipalités et quand on voit combien les socialistes ont du mal à compter, on ne peut être qu'inquiet.

Pour moi, une chose est sûr : aux prochaines élections, je ne laisse pas un socialiste compter les bulletins...

lol lollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollol

par cyril publié dans : Débat à gauche
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Dimanche 23 novembre 2008


Les réactions des uns et des autres et l'interview de Manuel Valls, aujourd'hui, m'inspirent ce deuxième coup de griffe.



Les médias mentent. Depuis 18 mois, ils organisent une opération de désinformation à l'échelle de tout le pays. En fait, Ségolène Royal a été élue présidente de la République le 6 mai 2007 mais personne ne veut le reconnaître. C'est normal, la France entière la voulait comme présidente. Mais certains méchants ont voulu l'en empêcher en se présentant à la candidature.

C'est d'ailleurs la même chose pour le poste de 1er secrétaire du PS. Manuel Valls vient de nous annoncer que Ségolène Royal était élue et que là aussi il était évident que ce ne pouvait en être autrement puisque tous les socialistes n'aspiraient qu'à cette élection et que si cela est différent, c'est que certains l'en empêche.


Comment tordre la réalité pour la faire correspondre à ce que l'on souhaite....

par cyril publié dans : Débat à gauche
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Samedi 22 novembre 2008

Quel triste spectacle que donne le Parti Socialiste...

Ségolène Royal, après avoir été battu à la présidentielle, après n'avoir regroupé que 29% des adhérents socialistes sur sa motion, vient de se faire battre pour le poste de secrétaire du PS.

Effectivement, comme elle l'avait promis au soir du 2° tour, elle a conduit ses troupes à d'autres victoires....... lol lollollollollollollollollol

par cyril publié dans : Débat à gauche
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Mercredi 19 novembre 2008
Le  groupe communiste de Clermont-Ferrand se félicite de la décision de la municipalité clermontoise de ne pas mettre en place le Service Minimum d’Accueil dans les écoles.  Celui-ci ne vise qu’à affaiblir le mouvement social et diviser le personnel de l’Education Nationale et les parents d’élèves. De plus, il est techniquement impossible d’assurer la sécurité des enfants dans les conditions prévues par la loi. Plutôt que de décider de telles mesures démagogiques, le gouvernement doit entendre et répondre aux revendications des personnels de l’Education Nationale. Ceux-ci manifestent pour dénoncer la politique éducative du gouvernement, notamment les suppressions de postes, réclamer le  maintien des postes de Rased (postes des maîtres des Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté) et exiger un véritable dialogue social. Ils ont le soutien des élus communistes de Clermont-Ferrand qui appellent la population à venir manifester jeudi 20 novembre à 10 h 00, avenue de la République.
par cyril publié dans : Clermont-Ferrand
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Dimanche 9 novembre 2008
Voici l'intervention que j'ai prononcé vendredi soir au Conseil Municipal de Clermont-ferrand.


Ce débat d’orientation budgétaire a lieu alors que l’économie mondiale vit l’une des plus importantes crises de son histoire. Chaque jour qui passe confirme la gravité de cette crise due, en grande part, à une politique de modération salariale aussi bien suivie aux Etats-Unis qu’en Europe obligeant les ménages à recourir de plus en plus au crédit pour maintenir leur niveau de vie.
Mais cette crise n’est pas seulement une crise financière. C’est la crise du système capitaliste dans son ensemble. La recherche effrénée, frénétique du profit, la volonté de faire de l’argent à n’importe quel prix, quelles qu’en soit les conséquences sur les territoires ou sur les hommes conduit l’Humanité dans le mur et aujourd’hui l’économie mondiale dans la faillite. Cette situation appelle de la part de la gauche à être offensif et audacieux pour apporter des réponses nouvelles à la hauteur de la gravité de la crise que nous traversons.
 
Cette crise va inévitablement avoir des conséquences sur les collectivités locales qui vont être confrontée à d’énormes difficultés financières. Les milliards que vient de débourser le gouvernement pour sauver les banques seront en partie ponctionnés sur les crédits que l'Etat doit aux collectivités locales. La dégradation de la situation économique va très sérieusement handicapée les budgets des collectivités et par conséquent nos capacités à répondre aux besoins des populations elles-mêmes touchées de plein fouet par cette crise.
Certes, le gouvernement a annoncé le déblocage de cinq millards d’euros aux collectivités, mais faute d’une réforme en profondeur du crédit, les problèmes vont demeurer dans les années à venir. Ils risquent même de s’aggraver compte tenu de la multiplication des prêts sophistiqués et extrêmement risqués accordés aux collectivités par des banques, notamment DEXIA.
A ce propos, les trois milliards d’euros que le gouvernement a décidé d’injecté pour sauver DEXIA ne peuvent pas l’être sans contreparties. Il n'est pas acceptable que l'Etat vienne au secours d'un établissement financier comme DEXIA sans maîtriser effectivement sa stratégie et sa gestion, et la compensation de l'aide apportée doit pouvoir s'accompagner d'une nationalisation durable des actifs sains de ces établissements. DEXIA doit remplir sa mission au service des collectivités territoriales notamment en accordant des emprunts à taux privilégiés pour garantir les investissements publics en contrepartie du refinancement public dont elle a bénéficié.
 
Beaucoup de collectivités sont allés chercher ces emprunts à hauts risques, jouant le jeu de la finance internationale et alimentant le brasier spéculatif. Certaines s’en mordent les doigts aujourd’hui, d’autres ont manœuvré plus finement et sont à l’abri pour l’instant. Mais pour combien de temps ?
Ces prêts à taux variables, ces produits structurés ne peuvent pas résulter que d’une question économique. C’est aussi un choix politique qui nous appartient. Ne pas jouer en bourse n’est pas qu’une question financière, c’est un problème d’éthique et de responsabilité. La gauche a un devoir d’exemplarité particulièrement en matière de gestion.
Nous proposons donc que le Conseil Municipal s’engage aujourd’hui à stopper progressivement toute gestion financière et spéculative. Cela sera aussi notre contribution au nécessaire combat politique contre le capitalisme.
 
Car si l'on veut s'attaquer efficacement à cette crise, il faut s'en prendre aux causes profondes et réorienter l'argent vers l’économie réelle et les besoins sociaux, augmenter les salaires, les retraites, développer les services publics, financer l’éducation, la recherche et les investissements utiles.
Il est absolument nécessaire de contrôler les mouvements de capitaux. Il faut revenir sur l’aberrante liberté de circulation des capitaux qui alimente l’incendie financier. Dans le même sens, il faut engager une lutte acharnée contre les paradis fiscaux, dont l’existence, au sein même de l’Europe, permet à des capitaux considérables d’échapper à tout contrôle.
 
Les élus communistes préconisent notamment la création d’un pôle bancaire public pour favoriser la lutte contre la spéculation et répondre aux besoins sociaux de notre société. Nous avons besoin de banques tournées vers un autre modèle de développement, donnant la priorité au financement d’investissements créateurs d’emplois favorisant une croissance de qualité respectueuse de l’environnement. Ce pôle financier public interviendrait dans les domaines du développement des PME, du financement du logement social, de la politique de la ville et des transports, de la politique industrielle et de l’aide à l’innovation.
 
Dans le projet de loi de finance 2009, les collectivités locales sont particulièrement maltraitées. Avec la mise à mort du « contrat de croissance et de solidarité », nous sommes passés désormais dans l’ère du « contrat unilatéral de décroissance et d’instabilité ». En effet, les dotations de l’Etat ne progresseront que bien en dessous de l’inflation réelle, notamment bien en dessous de celle du  panier du maire avec plus 3,6%. Cependant les collectivités sont davantage victimes de l’inflation, leur pouvoir d’achat va donc reculer.
Dans la dotation globale de fonctionnement (DGF), la dotation de solidarité urbaine (DSU) devait être vidée de son critère de logement social. Conséquence : près de 240 communes de plus de 10 000 habitants dont Clermont-Ferrand devaient être éjectées de son bénéfice. Devant le tollé des élus et de leurs associations, dont l’ANECR, le gouvernement a été contraint d’en atténuer cette année la mise en œuvre, mais rien n’est réglé.
En décidant de transférer des charges sans moyens réels, de baisser les dotations d’Etat, de plafonner les recettes de la taxe professionnelle, le gouvernement instaure un grave déséquilibre et accentue l’étranglement financier des collectivités. Quant à la taxe professionnelle (TP), son arrêt de mort apparaît comme signé. A entendre Nicolas SARKOZY, sa marche à la guillotine démarre en janvier 2009. La suppression de la part salaires et le plafonnement à 3,5 % de la valeur ajoutée l'avaient saigné à blanc. Avec l'hypothèse de sortir de ses bases les investissements réalisés (soit près de 80 % des bases), la mort de la taxe professionnelle serait acquise. Il y a quelques jours, le président de la République a commencé la mise en œuvre de cette disparition de fait de la TP, en annonçant que tous les nouveaux investissements industriels réalisés en France seront exonérés à 100% de taxe professionnelle jusqu'au 1er janvier 2010. Or, depuis la révolution industrielle, l’essor et le développement des collectivités sont intimement liés à l’existence d’un tel impôt économique leur permettant d’assurer 70% du montant total des investissements civils dans ce pays.
Plus que jamais, il faut une réforme de la fiscalité locale qui apporterait durablement aux collectivités les moyens de développer les services publics et financer les investissements utiles à leurs habitants. Tout d’abord, en supprimant le bouclier fiscal, les cadeaux fiscaux et les exonérations de charges qui alimentent les opérations financières et plombent les comptes publics. Ensuite, en instaurantimmédiatement une contribution des grandes fortunes.
 
Depuis longtemps, les élus communistes  préconisent  de faire de la taxe professionnelle un impôt dont l'assiette serait élargie à tous les actifs matériels et financiers des entreprises. A hauteur de 0,5 %, cette contribution augmenterait les ressources des collectivités locales tout en évitant de pénaliser les investissements en faveur de l'emploi. C’est la seule façon de permettre l’autonomie financière des collectivités.
 
Pour l’instant, l’Etat nous doit de l’argent. Si la situation en restait là, ce seront les Clermontoises et les Clermontois qui auront à supporter le désengagement financier de l’Etat. Il nous faut mener la bataille politique pour que l’Etat verse à la ville ce qu’il lui doit. Repoussons le vote du budget au mois de mars pour nous permettre de mener cette bataille avec les Clermontois non pas de manière défensive mais bien de manière offensive pour obliger l’Etat à honorer se parole.  Cela nous permettra peut-être d’y voir plus clair sur la situation économique internationale et surtout de poser sur la place publique les problèmes de désengagement de l’Etat. Nous sommes dans une situation inédite qui exige des actes inédits. Dans cette période qui s’annonce difficile pour nos concitoyens, nous devons tout faire pour nous opposer à toute réduction du périmètre publique.



Les socialistes ont refusé nos 2 propositions mais ont quand même accepté d'adopter un voeu demandant une réforme de la fiscalité locale. Le voici :

Refuser l'asphyxie financière des collectivités locales, dégager de nouvelles ressources financières par une réforme audacieuse de la fiscalité permettant de réalimenter la dépense publique, moteur important des investissements dans notre société et de répondre aux besoins sociaux.
 
Les collectivités territoriales sont confrontées à des besoins sans cesse croissants. Or, le désengagement de l'Etat et les transferts de compétences non accompagnés de moyens pérennes et évolutifs, s'ajoutant à des ressources stagnantes, voire en diminution, aboutissent à une asphyxie rapide et programmée des collectivités locales.
 
L'autonomie financière de gestion est mise en cause, en contradiction avec la libre administration des collectivités territoriales.
 
En remettant en cause unilatéralement le contrat de solidarité et de croissance, l'Etat revoit aussi à la baisse l'enveloppe des dotations faites aux collectivités alors que les dépenses de ces dernières sont en forte augmentation, du fait notamment de hausses généralisées et des transferts de compétences de l'Etat qui ont eu lieu et qui n'ont pas été accompagnées des financements correspondants.
 
A terme, les conséquences de cette politique seront catastrophiques pour les citoyens et conduiront les collectivités à freiner tout effort en direction des habitants et de prendre des dispositions favorables à l'intérêt des populations. Cette situation ne peut perdurer.
 
Le Conseil Municipal de Clermont-Ferrand demande au Gouvernement une réforme de la fiscalité locale garantissant l'autonomie financière aux collectivités territoriales qui leur permettra d'assurer toutes leurs compétences.
 
Il demande notamment que l'assiette de la taxe professionnelle soit élargie en intégrant la taxation des actifs financiers, qui ne participent pas actuellement au développement des territoires et à la satisfaction des besoins sociaux.
 
En appliquant un taux modeste de 0,5% sur les actifs financiers, 15 milliards d'euros seraient disponibles pour les collectivités locales.
 
Ce serait une première étape dans la refonte de la fiscalité locale et dans la construction d'une plus grande justice sociale.



par cyril publié dans : Clermont-Ferrand
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Mercredi 5 novembre 2008

La victoire de Barack Obama est historique. Les Etats-Unis, après avoir pratiqué l’esclavage, et la ségrégation, ont élu un président noir. Même si les problèmes inter-ethniques ne sont pas réglés pour autant, on peut espérer qu’un président afro-américain dans le fauteuil de la maison blanche améliorera la condition des noirs américains faisant souvent partie des classes sociales les plus défavorisées. Nous pouvons également espérer que ce nouveau président ne sera pas comme son prédécesseur un religieux illuminé convaincu de mener une guerre sainte et donc que les Etats-Unis adopteront une autre politique internationale. Afghanistan, Irak, Iran, Corée du Nord…, la liste est longue des pays qui sont en butte à une diplomatie américaine arrogante et belliciste.

Mais si cet événement est historique, il faut savoir raison garder et analyser à froid les propositions du candidat Obama. Par exemple, si celui-ci a annoncé qu’il retirerait les troupes américaines d’Irak en 16 mois et que ce retrait commencerait dès sa prise de fonction, il s’est également prononcé pour que Jérusalem soit la capitale indivisible d’Israël, ne permettant pas une sortie pacifique et rapide du conflit israëlo-palestinien. Il s’est aussi prononcé pour la peine de mort et pour le port d’armes. Restant dans les clous d’un libéralisme bon teint, Obama diverge peu sur les questions économiques de son rival républicain. Sachant qu’Obama est le candidat à l’élection présidentielle qui a dépensé le plus d’argent pour sa campagne (605 millions de dollars), on ne peut qu’être inquiet de ses rapports avec les milieux d’affaires et des non-évolutions que cela va engendrer sur la politique économique des Etats-Unis, notamment dans la situation de crise financière et économique internationale que nous connaissons.

Bref, c’est un moment historique qui ne demande qu’à entrer vraiment dans l’histoire en changeant le visage de l’Amérique du XXI° siècle.

En ce jour, nous pouvons avoir une pensée pour Martin Luther King…


par cyril publié dans : Actu
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Quand ceux d'en bas ne veulent plus être gouvernés comme avant, quand ceux d'en haut ne veulent plus gouverner comme avant, alors s'ouvre une époque de révolution sociale.
LENINE

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